Titre : Le roi se meurt
Auteur : Eugène Ionesco
Genre : Théâtre
Sous-genre : absurde
Description : Voici quelques temps déjà que le royaume de Béranger Ier est frappé de décrépitude. En effet le chauffage « refuse » de fonctionner, des lézardes apparaissent sur les murs du palais, le territoire national est devenu ridicule, … La Reine Marguerite, première épouse du Roi, et le Médecin ont pris la décision d’informer Sa Majesté que tous ces signes n’ont qu’une seul signification : son règne va bientôt prendre fin. La Reine Marie, seconde épouse profondément aimée du Roi, refuse de croire que son mari n’a plus d’échappatoire. Le souverain convient que tout n’est pas pour le mieux mais refuse lui aussi l’impensable. Toute la cour, composée en tout et pour tout des deux reines, du médecin, d’un garde et d’une femme de chambre nommée Juliette, à l’exception de Marie, va donc s’employer à le convaincre de son déclin et de celui du royaume.
Le thème principal de cette pièce de théâtre est, comme l’indique le titre, la mort d’un individu. Ionesco n’a pas divisé l’œuvre en actes ou en scènes mais on distingue toutefois deux parties clairement identifiables. Celles-ci correspondent aux sentiments et à l’attitude adoptée par le roi face au choc de la vérité : tout d’abord, Béranger refuse et s’entête à vouloir que le révélation ne soit qu’un mensonge. Ensuite, sa révolte se montrant impuissante à changer les choses, le souverain doit se résigner à sa chute. Cette acceptation s’accompagne d’une crainte absolue de la mort. Entouré de ses deux reines, telles deux anges représentant l’un la vie et l’autre la mort, il se voit rappeler sa splendeur passée par le garde. Ce personnage annoncera tout au long de la pièce les étapes franchies par le roi dans son cheminement personnel comme lors d’une cérémonie. Le médecin décompte les minutes de vie restantes au roi, et ainsi incarne le caractère pressant du temps. L’apitoiement populaire mêlé de bienveillance est personnalisé en Juliette qui fait penser à une garde-malade au chevet d’un vieillard. A la limite du théâtre absurde, Ionesco a lancé sa pièce sur une rhétorique tragique. Toutefois, le comique de l’œuvre la place sans nul doute dans le genre absurde : « Le printemps nous a quitté il y a deux heures et demie, voici novembre. », « J’avais interdit les nuages. Nuages ! Assez de pluie ! Je dis : Assez ! », « Tu vas mourir dans une heure vingt-quatre minutes cinquante seconde », … L’auteur apporte un souffle tragique à l’évènement anodin qu’est le décès d’un être humain. En effet à travers le roi c’est chacun d’entre nous qui est mis en scène. Le déclin du roi est prolongé dans la désuétude de son royaume. Ainsi l’auteur nous amène à réfléchir aux liens qui unissent un homme à son monde.
Commentaire : J'ai lu cette pièce sans être passionné par elle je l'avoue. Je suis certain que la voir jouée serait bien plus captivant mais je n'ai malheureusement pas (encore) eu cette possibilité. Sans grand suspense, le roi meurt à la fin. Mais ce serait bien malhonnête que de dire qu'elle ne m'a pas intéressé. En adoptant une lecture plus profonde de l'oeuvre, on est amené à réfléchir sur la mort. La mort en général mais aussi notre mort. Notre comportement probable en ce moment, notre vision du monde aussi. La mort d'une personne représente-t-elle la mort du monde pour cette personne? Voici la principale question que Ionesco m'a incité à me poser. Et c'est à ce niveau de lecture là que Le roi se meurt devient vraiment intéressant.
Remerciements à : kstor
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