Titre : Ubik
Auteur : Philip K. Dick
Genre : Science-Fiction
Sous-genre : (non spécifié)
Description : "Mes cheveux sont secs et cassants, ils sont incoiffables. En pareil cas que peut faire une femme ?
C'est très simple : appliquez leur la crème Ubik revitalisante. En cinq jours votre chevelure reviendra soyeuse et robuste. Et pour vous coiffer la laque Ubik, utilisée selon le mode d'emploi est absolument sans danger."
Mais qu'est ce donc cet Ubik ? Un produit miracle certainement, à en juger d'après le nombre de publicités y faisant référence.
Le niveau technologique de cette époque est époustouflant, on parle aux morts placés en semie-vie dans les morgues, on voyage à grande vitesse, on colonise l'espace et on vit dans des conapts high-tech... L'humanité a atteint des sommets en terme de qualité de vie, assurément.
Mais Joe Chip ne l'entends pas de cette oreille, il aime le vrai café et pouvoir se servir de son réfrigérateur ou sortir de chez lui sans avoir à débourser 5 cents. A ces préoccupations financières, viennent alors s'ajouter celles de Runcinters Associates ; qui l'embauche à la reconnaissance des anti-psis, anti-précogs aptes à déjouer les plans de Hollis.
Puis l'entrée de Pat, une jeune fille dotée de capacités psychiques uniques, vient éveiller les soupçons, et menacer la survie de l'équipe en mission lunaire...
Commentaire : En roman qui balaye bien des horizons de la Science-Fiction, Ubik affirme originalité et critique sur notre société. Ce n’est pas en soi un récit d’anticipation, mais bien une œuvre délirante qui s’abstrait de rationalités au profit des idées.
La visée de l’écrit est sensiblement de dénoncer les dérives éthiques, économiques et culturelles des sociétés occidentales. J’ai trouvé certains passages un peu faciles, à propos du conapt aux utilitaires payants notamment. Toutefois la dispute entre Joe Chip et la porte de son appartement m’a bien amusé, tant cette scène est (délibérément) absurde.
Quelques parties du livre sont assez troubles, je pense à l’inversement temporel entre autres, et n’ont pas de véritable réponse. Cela déstabilise inévitablement le lecteur :
« Mais c’est n’importe quoi ! Je ne comprends rien ! »
Philip Kindred Dick a, d’après ce que j’en ai compris, concentré son attention sur les images et le second degré. Si bien que le premier sens, la première lecture, ne porte pas de grand intérêt.
Il veut susciter des réflexions à propos de l’acharnement thérapeutique (caissons cryogéniques et semie-vie qui repoussent encore plus loin la mort), des dérives productivistes (denrées simples qui deviennent un luxe), de la mode (habits exagérément fantaisistes)...
Globalement c’est une question de relativité que Dick suggère : « Que nous apporte le futur ? Est-il préférable au passé ? » ; « Vivons-nous dans le vrai ? » ; « Sommes nous simulés ou à cheval sur différents univers ? » ; « Où est la vérité dans la perception ? » sont des exemples de problématiques soulevés au cours de l’ouvrage.
Conclusion : à lire, et surtout, à relire.
Remerciements à : Clément
Edition : Robert Laffont
Collection : 10-18
Paru en : 1960
Langue d'origine : Américain
Titre d'origine : Ubik
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