Titre : La planète des singes
Auteur : Pierre Boulle
Genre : Science-Fiction
Sous-genre : Planète Opéra
Description : Deux amoureux en voyage, découvrent une bouteille flottant au beau milieu de l’espace. Elle contient un message, une longue histoire à vrai dire. Celle d’une expédition passée, à l’ère des premiers voyages spatiaux de 2500. L’équipage de cette expédition, composée du professeur Antelle et de ses deux acolytes, se rend dans le système solaire de Beltégeuse. Une grande surprise les y attends : une planète habitable tout d’abord, qui s’avérera être peuplée d’une civilisation des plus étonnantes…
Commentaire : On note dès la seconde page une – grave – erreur de physique, à propos du voilier sidéral des deux touristes. En effet réduire la taille de la voilure permet peut-être de réduire l’accélération du vaisseau, mais pas de réduire sa vitesse… Et la « pression des rayons lumineux » ne veut rien dire. Passons.
J’ai relevé également que Phyllis, la femme du pilote de l’appareil apparaît un peu sotte, gourde. Par exemple lors de ses interruptions de la lecture de son mari. J’ai trouvé le passage un peu déplaisant, facile.
En revanche dès que l’on aborde la planète des singes, l’aventure devient plus intéressante, vraiment. Plus de préoccupations physiques, historiques ou génétiques : l’auteur souhaite montrer sa grande idée, quelque soit la véracité ou la rationalité des faits invoqués. L’écriture devient limpide et agréable, l’histoire capte le lecteur sans aucun doute.
L’essentiel du roman se base sur une inversion des rôles Humain/Animal, l’auteur joue avec sur tous les aspects. D’un autre côté il y a une réelle remise en question de l’expérimentation scientifique, en ce qui concerne les expériences sur des animaux : ablations cérébrales et autres cruautés. L’homme est égoïste en faisant le mal à d’autres êtres pour faire avancer sa science, pour la seule raison que ces êtres ne pensent pas. Incidemment ils ne sont qu’accessoires et non dignes de la classification « êtres ».
Je voulais aussi aborder le rapport aux races développé dans cet ouvrage. Au début je me méfiais de la pensée de l’auteur, du fait qu’il joue sur les différentes races de singes en appuyant leurs avantages et leurs inconvénients (romanesques). Etant donnée que l’analogie Humain/Singe est filée tout au cours du discours, on aurait très bien pu sentir poindre des idées racistes en associant Gorilles/Noirs, Orangs-outans/Asiatiques, Chimpanzé/Blancs. Finalement je pense que ce n’était pas le cas, ce classement hiérarchique des singes voulait surtout relever les différences au sein même de l’espèce humaine, du point de vue purement intellectuel. Certains se contentent de leurs petites affaires, d’autres s’attachent aux livres et s’y bornent, d’autres encore veulent tout changer. C’est tel que je l’ai interprété, la vision de notre société d’après Boulle.
En tant que « classique » francophone, la planète des singes s’impose comme une lecture de choix pour le lecteur amateur de SF. Je pense par ailleurs que cette œuvre a influencé les romanciers plus récents, tels que Bernard Werber dans son œuvre « Le père de nos pères » qui s’interroge également aux origines de l’homme.
Remerciements à : Clément
Edition : Julliard
Collection : Presses Pocket
Paru en : 1963
Langue d'origine : Français
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Clément Désiles
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